Le 8e rendez-vous annuel du Service de mentorat d’affaires de la Fondation de l’entrepreneurship, reconnu comme le plus grand réseau de mentorat d’affaires au Canada, s’est tenu à Rivière-du-Loup, en juin dernier. Cette rencontre fort attendue par tous les acteurs du mentorat d’affaires a permis de réunir les coordonnateurs de cellule, les chefs mentors, les mentors et autres institutions partenaires de cette grande aventure.
C’est devant plus de 175 participants que madame Nicole Laverrière, directrice nationale du Service de mentorat d’affaires de la Fondation de l’entrepreneurship, dévoilait les résultats pour l’année 2006-2007 et les objectifs de l’année 2007-2008. On notait ainsi que, jusqu’à présent au Québec, plus de 2 500 entrepreneurs ont bénéficié de l’accompagnement d’un mentor et, que, actuellement, 1 010 mentors accompagnent autant de mentorés. Aussi, au cours de la dernière année, 648 nouveaux mentorés ont adhéré à ce programme de mentorat d’affaires.
Des retombées économiques importantes ont été rapportées, dont le fait que deux fois plus d’entreprises demeurent actives dans leurs premières années d’opération. Aussi, la diminution des faillites a permis d’éviter des pertes de l’ordre de 39 millions de dollars, alors que plus de 8 000 emplois ont été maintenus et créés. Incidemment, le temps investi annuellement par les mentors bénévoles représente une somme équivalant à environ 13 millions de dollars.
Nous apprenions également que la Fondation de l’entrepreneurship prévoyait agrandir son réseau de partenaires et desservir une clientèle plus diversifiée au cours de la prochaine année, telle que la clientèle de l’économie sociale et des coopératives, de la relève entrepreneuriale et des communautés immigrantes. D’ailleurs ces initiatives se concrétisent déjà par la collaboration de la Fondation de l’entrepreneurship à la constitution d’une cellule de mentors dédiée aux entrepreneurs des communautés noires¹.
En somme, cette rencontre a été fort enrichissante puisqu’elle aura permis, entre autres, de nous regrouper et de réfléchir ensemble sur des stratégies de recrutement, de même que sur des façons de soutenir et d’animer plus efficacement nos cellules respectives. Suite à ces cogitations, une nouvelle formule de formation centralisée a été produite et sera dévoilée dès le mois d’octobre.
A propos de la cellule de mentorat d’affaires de la SODEC RDP • PAT • ME La SODEC RDP • PAT • ME, à titre de cellule de mentorat accréditée par la Fondation de l’entrepreneurship depuis 2002, démontre qu’elle a à cœur le développement économique du territoire de Montréal-Est et de l’arrondissement Rivière-des-Prairies • Pointe-aux-Trembles, en s’assurant de celui des entrepreneurs qui en font partie intégrante. La Fondation compte plus de 70 cellules locales réparties dans toutes les régions du Québec et dans la francophonie canadienne, dont neuf sur le territoire de l’île de Montréal.
¹ Source : Communiqué de presse du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec
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Tout un défi que de transférer son entreprise à la prochaine génération? Parlez-en à Jean Veilleux. « Ce fut ardu » sont pratiquement les premiers mots lancés par le fondateur de Produits forestier J.V. inc.
La compagnie de Saint-Nicolas, qu’il a fondée il y a une décennie, fabrique des moulures et des composantes de bois. Cent employés. Les clients? Les centres de rénovation et les fabricants de portes et fenêtres. Jean Veilleux a racheté la part de son associé, il y a plusieurs années. Aujourd’hui, il planifie la relève avec deux de ses cadres et un de ses fils.
« J’avais impliqué mes deux enfants dans l’entreprise, dit-il. Ils ont fini par partir. Mais un de mes fils est revenu. J’ai appris que c’est difficile de sélectionner la bonne relève. Beaucoup de gens sont intéressés, mais ils ne comprennent pas toujours ce que ça implique d’être à la tête d’une entreprise. »
M. Veilleux reconnaît qu’il a fait des erreurs. Il n’a pas toujours perçu le goût de se battre chez les candidats potentiels : « La relève doit croire à l’entreprise, l’industrie, le marché. Elle doit être disposée à prendre des risques financiers. Il faut avoir la fibre entrepreneuriale. Vouloir faire progresser l’entreprise. Une relève, ça ne s’impose pas par le fondateur, que ce soit les enfants ou les cadres. »
Le fils de M. Veilleux a travaillé deux ans à l’extérieur de l’entreprise. Assez pour comprendre certaines choses. L’autre fils s’est lancé en affaires et connaît le succès. « Celui qui est revenu devait faire son bout de chemin, dit-il. Prendre la relève, ça doit être un projet personnel. L’entreprise est formée d’humains avant tout. Pas de stratégies marketing ou de machines-outils. Si vous voulez que ça marche, vous n’avez pas le choix que de tenir compte du facteur humain. »
Jean Veilleux a un mentor depuis deux ans. « Ça me permet d’évacuer mon émotivité. C’est plus facile de prendre des décisions par la suite. » L’entrepreneur en a vécu des émotions. Il a traversé une syndicalisation qui lui a fait douter de son leadership. Sur le coup, il l’a très mal pris. Aujourd’hui, il considère que ce fut une excellente chose. « Nous avions une fausse idée de l’entreprise. Nous avions tellement peur du syndicat que nous tolérions les abus. Juste pour éviter les confrontations. Aujourd’hui, tout le monde est égal. Mais, sur le coup, j’ai réalisé qu’il fallait que j’en parle avec quelqu’un sans que l’émotivité prenne le dessus. Le mentorat s’est imposé de lui-même ».
Jean Veilleux n’a que de bons mots pour cette expérience. À tel point qu’il est devenu mentor. Il a même sept mentorés! Et plusieurs doivent composer avec leur propre relève. « Souvent, ils prennent ça dur. Ce n’est pas facile de se tasser pour laisser la place à quelqu’un d’autre. Ceci dit, la relève doit faire sa marque dans l’entreprise, prendre sa place, prouver sa valeur. Il faut que les entrepreneurs et les enfants se parlent constamment. Les jeunes doivent aussi apprendre l’humilité, respecter le fondateur et les employés ».
* Veuillez noter que cet article a été tiré du volume 01, numéro 01, du journal Le Mentor, du Service de mentorat d'affaires de la Fondation de l'entrepreneurship.
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